L’Assemblée nationale a déclaré recevable, ce jeudi 29 mai 2025, le rapport de la commission spéciale chargée d’examiner le réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, visant le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba.
Le rapport, présenté en plénière par le député André Lite. Ainsi sur les 21 membres de la Commission qui ont pris part au vote, 17 ont voté pour des poursuites contre Constant Mutamba, 2 ont voté contre et 2 se sont abstenus.
Le rapporteur de la commission, recommande l’ouverture d’une instruction judiciaire contre le ministre de la Justice. Constant Mutamba est soupçonné de détournement de fonds publics à hauteur de 19 millions de dollars sur un total de 39 millions alloués, ainsi que de violation de la procédure de passation de marchés dans le cadre du projet de construction d’une prison à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.
Selon le rapport, « des contradictions et des zones d’ombre subsistent dans cette affaire », rendant nécessaire une instruction judiciaire pour faire toute la lumière sur les faits reprochés. La commission souligne la gravité des accusations et recommande que le ministre mis en cause puisse présenter ses moyens de défense dans le cadre légal.
En réaction à cette procédure, Constant Mutamba a rejeté la légitimité du réquisitoire émis par le procureur général Firmin Mvonde, qu’il accuse d’être lui-même sous enquête. Lors d’une réunion avec des agents et cadres de son ministère, il a déclaré :
« Le procureur général ne me verra jamais devant lui. Je n’ai pas peur de la prison, je suis prêt. Celui qui fait l’objet d’enquêtes ne peut pas initier une action contre le ministre de la Justice. »
Le ministre a également accusé le procureur général de vouloir nuire à sa réputation pour des raisons politiques.
« Il voulait m’humilier pour ternir ma réputation. Dites-lui que je ne crains pas la prison, je suis prêt », a-t-il lancé
Ce développement intervient alors que Constant Mutamba avait déjà été visé par deux interpellations parlementaires antérieures portant sur le même projet, à l’initiative des députés Fontaine Mangala et Willy Mishiki.
Cicéron OWAMBA





