Lors d’un briefing spécial tenu mardi 09 juin à Kinshasa, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda a présenté l’état d’avancement des grands projets routiers et d’infrastructures en République démocratique du Congo. Face à la presse, ve membre du gouvernement a détaillé les principaux chantiers en cours à travers le pays, tout en revenant sur les résolutions de la première Conférence nationale sur les infrastructures, organisée sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi.
Selon le ministre, la politique actuelle du gouvernement vise à faire des infrastructures un puissant levier de désenclavement, d’intégration nationale et de développement économique. Pour lui, la RDC doit progressivement reconstituer son réseau routier afin de reconnecter les provinces, faciliter la circulation des personnes et des biens et stimuler les échanges commerciaux.
Avant d’évoquer les projets en cours, John Banza est revenu sur l’organisation de la première Conférence nationale sur les infrastructures, qu’il considère comme un acte fondateur pour le secteur. Cette rencontre a réuni les principaux acteurs nationaux afin de définir une vision commune du développement des infrastructures du pays.
Parmi les résolutions majeures issues de ces assises figure l’élaboration des premières normes nationales dans le domaine des travaux publics. Le ministre a souligné qu’en plus de soixante ans d’indépendance, la RDC ne s’était jamais dotée d’un référentiel technique national complet pour encadrer la construction des routes, des ponts et des autres ouvrages d’infrastructures.
« Nous allons doter le pays d’environ 350 normes techniques qui permettront de garantir la qualité, la sécurité et la durabilité des infrastructures », a-t-il expliqué.
La RN1, colonne vertébrale du réseau routier national
Au chapitre des réalisations, le ministre a cité en priorité la Route nationale n°1 (RN1), considérée comme l’épine dorsale du réseau routier congolais.
Longue de près de 3 300 kilomètres, cette route relie le port de Banana, dans le Kongo Central, à la province du Haut-Katanga en traversant plusieurs provinces du pays. Selon John Banza, environ 2 500 kilomètres ont déjà été réalisés ou réhabilités dans le cadre de ce vaste programme.
Cette infrastructure est appelée à renforcer la connectivité entre les principaux corridors économiques du pays et à faciliter l’évacuation des productions agricoles, industrielles et minières.
La RN2 et la première autoroute moderne du pays
Le ministre a également mis en avant les travaux de la Route nationale n°2 reliant Mbuji-Mayi à Bukavu.
D’une longueur de 1 080 kilomètres, ce projet traverse les provinces du Kasaï Oriental, de la Lomami, du Maniema et du Sud-Kivu. Il comprend notamment la construction de la première autoroute moderne de la RDC, conçue en deux fois deux voies.
Parmi les ouvrages majeurs figurant sur cet axe, John Banza a a cité un pont de 714 mètres de long construit entre la Lomami et le Maniema. Il s’agira du deuxième plus long pont du pays après le pont Maréchal, aujourd’hui pont Matadi.
Selon le ministre, les travaux sont déjà engagés sur plusieurs tronçons.
RN4 : accélération attendue entre Kisangani et Beni
Concernant la Route nationale n°4, qui relie Kisangani à Beni, le ministre a reconnu que les travaux n’avançaient pas au rythme souhaité.
Face à cette situation, le gouvernement a engagé une requalification du contrat afin d’accélérer l’exécution des travaux sur cet axe stratégique reliant l’Est du pays au reste du territoire national.
Cette route joue un rôle essentiel dans les échanges commerciaux entre les provinces de la Tshopo, de l’Ituri et du Nord-Kivu.
De nouveaux axes pour relier les provinces enclavées
Le ministre a également évoqué plusieurs autres projets structurants.
La Route nationale n°7 doit relier Kananga à Kisangani en passant notamment par le Sankuru et la Tshuapa. Les études techniques étant achevées, le gouvernement prévoit de lancer prochainement la phase de contractualisation avant le début effectif des travaux.
La Route nationale n°6, qui relie Zongo, Gemena, Lisala, Bumba et Kisangani, fait également partie des priorités gouvernementales. Plusieurs tronçons ont déjà été réalisés, notamment dans l’espace Uele.
Dans le Kongo Central, les travaux avancent également sur les Routes nationales n°12 et n°16. Ces projets doivent améliorer la desserte des territoires de Tshela, Luozi, Kimvula et Nkamba, tout en renforçant les connexions avec la RN1.
Relier l’Ouest à l’Équateur
Le gouvernement poursuit également ses efforts sur la Route nationale n°17, qui part de Mongata vers Bandundu-Ville, Bagata et Nioki, avec l’objectif final de rejoindre Mbandaka.
Parallèlement, le lancement imminent des travaux de la Route nationale n°8 doit permettre de renforcer la liaison entre l’Équateur, la Tshuapa et la Tshopo.
Selon John Banza, ces projets s’inscrivent dans une vision globale de reconstruction du maillage routier national.
Désenclaver pour développer
Pour le ministre des Infrastructures, l’enjeu dépasse largement la simple construction de routes.
L’ambition du gouvernement est de reconnecter un pays continent longtemps marqué par le manque d’infrastructures et les difficultés de mobilité entre ses différentes provinces.
« Nous avons hérité d’un pays qui ne disposait pas d’un réseau routier suffisant pour assurer sa connectivité. Aujourd’hui, nous travaillons à reconstituer progressivement cette armature nationale », a-t-il affirmé.
À travers ces différents chantiers, le gouvernement espère stimuler la croissance économique, réduire les coûts de transport, favoriser l’intégration des marchés provinciaux et améliorer les conditions de vie des populations.
Pour les autorités congolaises, la modernisation des infrastructures constitue désormais l’un des piliers essentiels de la transformation économique du pays.
Christian La Grace LIOLYA





