À travers un nouvel accord autour du cobalt congolais, les États-Unis accélèrent leur stratégie de sécurisation des minerais critiques face à la domination chinoise. Pour Kinshasa, cette nouvelle bataille géopolitique représente à la fois une opportunité économique et un enjeu de souverainité
Le moment est venu pour la République démocratique du Congo de confirme son rôle stratégique dans l’économie mondiale des minerais critiques. Grâce au partenariat entre l’Entreprise Générale du Cobalt, la société américaine EVelution Energy et le négociant Trafigura, Washington cherche désormais à sécuriser une partie importante de ses approvisionnements en cobalt congolais, indispensable aux batteries électriques, aux technologies énergétiques et aux industries militaires.
Cet accord illustre surtout l’intensification de la rivalité économique entre les États-Unis et la Chine autour des ressources stratégiques. Depuis plusieurs années, Pékin domine largement le secteur du cobalt congolais à travers ses investissements miniers et industriels. Face à cette influence, Washington tente de reconstruire sa propre chaîne d’approvisionnement en minerais critiques dans le contexte de la transition énergétique mondiale.
Pour Kinshasa, cette nouvelle dynamique ouvre des perspectives économiques importantes, notamment en matière de contrôle des ressources, de diversification des partenaires et de développement industriel. Mais les défis restent nombreux : gouvernance du secteur artisanal, contrebande, transformation locale limitée et pression croissante des grandes puissances autour des ressources minières congolaises.
Christian La Grâce Liolya





