À en croire liberation.fr citée par Voice of Congo, Soixante-cinq ans après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, une page longtemps restée sombre de l’histoire coloniale belge pourrait enfin s’ouvrir devant la justice. La consoeur indique que ces révélations sont rapportées notamment par la chambre du conseil de Bruxelles réunit ce mardi 20 janvier sur un dossier hautement symbolique, celui du possible renvoi devant un tribunal correctionnel de l’ancien diplomate belge Étienne Davignon, aujourd’hui âgé de 93 ans.
Les avocats de la famille Lumumba et ceux d’Étienne Davignon ont comparu au palais de justice de Bruxelles dans le cadre de cette affaire emblématique, née d’une plainte déposée en 2011. En jeu : la responsabilité présumée de l’État belge et de certains de ses représentants dans l’arrestation, le transfert et la mort du premier Premier ministre du Congo indépendant, Patrice Emery Lumumba.
Selon le parquet fédéral belge, Étienne Davignon aurait été « aux premières loges » à un moment clé, lorsque fut évoqué le projet d’arrestation de Patrice Lumumba. Après de longues années d’enquête, le ministère public a requis l’ouverture d’un procès pour des faits qualifiés de graves : détention ou transfert illicite d’un prisonnier de guerre, privation du droit à un procès équitable, ainsi que traitements inhumains et dégradants.
Patrice Lumumba, figure majeure de la lutte anticoloniale africaine et premier chef de gouvernement du Congo indépendant en 1960, est rapidement renversé dans un contexte explosif mêlant guerre froide, sécessions régionales et fortes ingérences étrangères. Pourchassé, arrêté puis transféré au Katanga, il est exécuté le 17 janvier 1961 aux côtés de Maurice M’Polo et de Joseph Okito. Sa mort a profondément marqué l’histoire de la République démocratique du Congo et continue de résonner bien au-delà de ses frontières.
Étienne Davignon est aujourd’hui le dernier Belge encore en vie parmi les dix personnalités initialement visées par la plainte de la famille Lumumba, laquelle dénonce des crimes de guerre, des actes de torture et des traitements inhumains. Pour les proches de l’ancien Premier ministre congolais, cette procédure judiciaire représente bien plus qu’un dossier pénal : elle incarne une quête de vérité, de justice et de reconnaissance.
La décision de la chambre du conseil, attendue dans les prochains jours, pourrait marquer un tournant historique. Pour la première fois, un haut responsable belge pourrait être appelé à répondre pénalement de son rôle présumé dans l’un des assassinats politiques les plus emblématiques du XXᵉ siècle africain.
Tiré de Voice of Congo





