25 ans après sa mort, le mystère reste entier sur les commanditaires de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila le 16 janvier 2001. Dans le texte ci-dessous publié sur le site de la RTBF, la télévision belge, plusieurs pistes probables sont passées en revue. Mais il est vrai que nombreux etaient ceux qui voulaient voir disparaître le tombeur du maréchal Mobutu.
La piste des « kadogos »
Début 2001, les kadogos, ces enfants-soldats qui avaient accompagné Laurent-Désiré Kabila dans sa marche victorieuse sur Kinshasa quatre ans plus tôt, pleuraient la disparition de leur mentor, Anselme Masasu, que le président venait de faire exécuter. Rashidi et ses comparses, qui faisaient partie de ces kadogos, auraient ainsi voulu venger Masasu en assassinant Kabila. C’est la thèse officielle.
La piste « libanaise »
D’autres évoquent la vengeance d’un homme d’affaires libanais, Bilal Héritier, écarté du marché des diamants par Kabila. Selon le journaliste Arnaud Zajtman, qui a réalisé un film documentaire sur l’assassinat du président congolais, Héritier aurait fourni aux kadogos la logistique de l’assassinat avant de se réfugier à l’est du pays, en zone rebelle.
La piste « rwandaise »
A l’époque, la République démocratique du Congo était divisée par une ligne de front qui la séparait d’Est en Ouest. L’Est était occupé par des rébellions soutenues par le Rwanda et l’Ouganda, les deux alliés qui avaient aidé Laurent-Désiré Kabila à renverser le Maréchal Mobutu et qui se sont ensuite retournés contre lui. L’Ouest était dirigé par Kabila et ses nouveaux alliés angolais et zimbabwéens. C’est auprès d’un groupe rebelle pro-rwandais, le RCD-Goma, que Bilal Héritier ira se réfugier au lendemain de l’assassinat de Kabila.
Faut-il pour autant voir la main de Kigali dans la mort du président congolais ? Aucune preuve ne permet de l’affirmer. Mais dans son enquête, Arnaud Zajtman révèle que le soir de l’assassinat, un des responsables de la sécurité du Rwanda aurait déclaré à un diplomate britannique « ce sont nos hommes qui ont fait le coup ».
La piste « occidentale »
Rien ne démontre non plus, jusqu’ici, une implication occidentale dans l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila. « Mais pour les Occidentaux, il était clair que Kabila n’était pas la bonne personne à la bonne place, rappelle Colette Braeckman, spécialiste de l’Afrique centrale au journal Le Soir. Il était jugé arrogant et surtout trop indépendant. Le sentiment général au lendemain de sa mort, c’était « bon débarras! ».
Laurent-Désiré Kabila se présentait comme un héritier idéologique de Patrice Lumumba, un nationaliste bien décidé à mettre les richesses du Congo au service de la population congolaise. Mais ce projet s’opposait de front à la volonté de ceux qui l’avaient amené au pouvoir, le Rwanda, l’Ouganda et tous les opérateurs économiques internationaux qui lorgnaient sur l’immense potentiel minier du pays. « On ne savait pas quand la foudre allait tomber, se souvient Colette Braeckman, mais c’était écrit qu’elle allait tomber. Il devait mourir. »
Benoit Feyt/ Le titre est d’Apic. net





