Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe a tenu, lundi 27 octobre , une audience publique dans l’affaire opposant le ministère public à l’adjudant Ebabi Bongama Blanche Sara, secrétaire adjointe au département de sécurité militaire à l’état-major du renseignement.La sous-officière est poursuivie pour violation des consignes militaires contenues dans un télégramme du chef d’état-major général daté du 23 décembre 2021.
Ce document interdit formellement à tout militaire des FARDC de publier sur les réseaux sociaux des images en tenue, des selfies, des vidéos, ou tout contenu susceptible de nuire à l’honneur, à la dignité ou à la crédibilité de l’armée congolaise.
Selon l’accusation, la prévenue aurait diffusé sur TikTok des photos et vidéos en uniforme, la montrant en train d’échanger des baisers avec son mari dans un studio photo de Matonge, à Kinshasa, en marge de leur mariage religieux prévu le 31 octobre. Des images rapidement devenues virales et jugées contraires à l’éthique militaire.
Le ministère public estime que ces actes constituent une faute grave assimilable à un outrage à l’armée.
« Le télégramme est clair : tout comportement portant atteinte à l’image de l’armée doit être traité comme une trahison », a rappelé le représentant de l’auditorat, demandant au tribunal de visualiser les contenus saisis dans le téléphone de la prévenue.
Lors de la projection, l’adjudant Ebabi a nié être à l’origine de la publication des vidéos, affirmant que leur diffusion serait le fait du photographe du studio Rausure, identifié seulement sous le prénom de Jan. Sa défense a sollicité la comparution de ce dernier, obtenant la suspension de l’audience jusqu’à ce mardi 28 octobre pour audition du témoin.
Il s’agit d’une volonté de la hiérarchie militaire de sanctionner sévèrement les manquements à la discipline et d’envoyer un signal fort à l’ensemble du personnel, en particulier au personnel militaire féminin, souvent rappelé à la prudence dans l’usage des réseaux sociaux.
Patrick LOKONI





