Ce fut un certain 8 juin 1971, l’université Lovanium, fleuron de l’élite congolaise est brutalement vidée de ses étudiants zaïrois, enrôlés de force dans l’armée sur ordre du président Mobutu.
Environ 2 800 jeunes hormis quelques volontaires, des prêtres et des religieuses sont conduits dans des camps militaires, accusés d indiscipline et d’immaturité.
Cette décision, prise sans procès ni dialogue, visait à briser l’esprit critique naissant dans les universités. Les premières semaines furent marquées des conditions de vie éprouvantes, des brimades et des humiliations. Pourtant, au fil du temps, une certaine familiarité va s’installer entre étudiants et soldats, certains découvrant des liens tribaux ou familiaux.
Trois mois plus tard, les étudiants seront de nouveau renvoyés sur les campus, désormais sous statut militaire avec le grade de sergent. Cette mesure s’inscrivait dans une politique plus large de contrôle de l’enseignement supérieur, culminant avec la création de l’Université nationale du Zaïre (UNAZA) en août 1971, fusionnant les universités de Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani.
Aujourd’hui, 54 ans après, cet épisode reste un symbole de la répression politique et de la volonté d’étouffer la pensée critique sous Mobutu . Il rappelle l’importance de préserver l’autonomie des institutions académiques et la liberté d’expression, piliers essentiels d’une société démocratique.
Patrick LOKONI





