Moni Della: « Tshisekedi était un grand esprit, un grand professeur d’une grande académie appelée UDPS » ( Tribune)

Comme en pareilles Circonstance , celui qui se réclame héritier politique d’Etienne Tshisekedi a rendu un hommage mérité à son mentor à l’occasion du cinquième anniversaire de sa disparition.
Moni Della est resté égal à lui-même. Ferme dans ses convictions reçues de son idôle, Moni Della Idi pense que , l’idéale de son maître est loin d’être appliqué depuis la prise du pouvoir par l’UDPS, ce grand parti chantre du progrès social. Celui qui se dit « Porte parole du peuple» voit du flou dans la gestion du pays sous Felix Tshisekedi, pourtant produit avéré de l’UDPS. Pour le président du CONADE,( Conservateurs de la Nature et Democrates) l’avant Kabila est égale à l’après Kabila quand les mêmes personnes qui ont hier jeté l’opprobre sur le pays soient aujourd’hui gratifiées, militaires comme civils, Les pourfendeurs de l’UDPS, sont en première ligne de l’Union Sacrée, du chagrin, estime Moïse Moni Della. À conclure que le grand esprit, Étienne Tshisekedi ,géniteur du changement pour le quel, lui aussi a souscrit est trahi bien que l’on parlera longtemps de ce grand homme.

«Etienne Tshisekedi était un grand esprit. Un grand professeur d’une grande académie politique appelée UDPS, un parti qui a du contenu au sein duquel les militants et cadres sont marqués idéologiquement. Tshisekedi était une grande lumière, un grand architecte de la politique congolaise. On parlera de lui encore longtemps. Jusqu’à sa mort, je suis resté fidèle à ses idées» , a d’entrée de jeu déclaré l’opposant.

Depuis 2019, le fils de son maître, Félix-Antoine Tshisekedi, règne à la tête du pays. Mais Moni Della reste déçu de sa gestion.
« Quand on voit Félix à l’œuvre, on regrette Étienne Tshisekedi. Heureusement que lui-même a reconnu que rien ne marche. Une sincérité que je salue. Ce que l’on vit, ce n’est pas le progrès social promis par l’UDPS. Lorsqu’on demande le suffrage du souverain primaire, c’est pour faire mieux, conscient de la situation du pays. On ne le demande pas pour pleurnicher après. Je regrette que l’UDPS au pouvoir n’arrive pas à résoudre le problème du social », a-t-il indiqué.

Et d’ajouter : « Avant Kabila égal après Kabila. Chaque jour, il y a des scandales de détournement« 

Autre déception de Moni Della, c’est la place des « Kabilistes » autour de Félix Tshisekedi.

« Ce qui me chagrine aujourd’hui est que les pourfendeurs de l’Udps hier, politiques comme militaires, dit-il sont en train d’être gratifiés » .

Il donne l’exemple du général Gabriel Amisi qui, pour lui, a vendu des armes aux ennemis de la République selon des rapports internationaux et a « torturé et tué » des manifestants le 19 septembre 2016. Ce jour là, Moni Della sera également arrêté puis jeté en prison, lors d’une marche de l’opposition réclamant la convocation du corps électoral et va être témoin des atrocités des hommes dirigés par le général Amisi. Il va être libéré cinq mois après comme cas emblématique retenu au terme de l’accord de Saint Sylvestre sous la médiation des évêques catholiques.

« Trouvez-vous normal que celui qui disait hier que Félix ne représentait rien à part le nom de son père soit aujourd’hui en première ligne à l’Union sacrée ? Où sont les treize parlementaires? Où sont les anciennes grandes figures de l’opposition qui ont lutté pour l’alternance ?« 

Interrogé sur la radiation de Kabund à l’Udps, ce co-fondateur de ce parti estime que l’homme a payé ce qu’il a fait aux anciens de l’Udps.

« Il a ignoré les anciens, oubliant que l’Udps c’est un état d’esprit. Il a joué sa part, mais il a bénéficié du travail de ceux qui l’ont devancé. Il faut savoir composer avec les autres dans la tolérance« 

Au sujet d’un groupe de députés d’Ensemble pour le changement de Katumbi qui ont fait une mise en garde à ceux qui critiquent l’action du pouvoir en place, Moni Della se dit pas étonné de cette attitude propre aux politiques congolais.


« Rien de nouveau sous le soleil. Aujourd’hui des gens peuvent quitter l’extrême gauche à l’extrême droite sans transition, au nom d’une politique dynamique. Un serpent peut changer sa peau, mais jamais sa nature. Katumbi les a tout donné. Il n’a pas le pouvoir. C’est normal que ces gens là se donnent au vagabondage politique. Cela ne m’étonne pas » , indique-t-il.

Nadine Mayingi

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