« Super passe vert » : les non-vaccinés désormais persona non grata en Italie


Pour éviter à tout prix un nouveau confinement face à la vague Omicron, l’Italie serre encore la vis. Depuis lundi 10 janvier, les non-vaccinés ne peuvent plus se contenter de présenter un test négatif pour se rendre dans les lieux fréquentés par le public. Hôtels, restaurants, cinémas, stades… Il faudra non seulement y porter un masque FFP2 mais aussi présenter un passe vaccinal, appelé « Passe vert renforcé », prouvant que l’on a été immunisé par un cycle complet de vaccination ou que l’on a contracté la maladie récemment. Seule exception, les lieux culturels. Les musées et expositions restent pour l’heure accessibles sur présentation d’un passe simple avec un simple test de moins de 48 heures, dans les régions blanches et jaunes. À partir du 1er février, tout Italien de plus de 50 ans devra en outre être vacciné contre le Covid, sous peine d’une amende de 100 euros. Et à partir du 15, les commerces non essentiels ne seront accessibles aux non-vaccinés qu’après un test.
Dès à présent, les transports publics sont interdits aux non-vaccinés. Pour prendre le train longue distance mais aussi l’avion, le bateau, et même le métro ou le bus, le passe vaccinal est nécessaire. Du moins en principe. À l’observation, les contrôles sont pour l’heure quasi invisibles à l’entrée des transports publics sauf dans les points d’intersection à fort trafic. « Nous ne pouvons être partout, reconnaît à l’agence de presse italienne ANSA Donatella Scafati, la cheffe d’une équipe locale de la police, près de la station Termini à Rome, mais nous sommes sur les axes principaux ». Même dans les lieux contrôlés, l’agent occupé à contrôler un passant en laisse passer dix. Au premier jour, seule une dizaine d’amendes ont été infligées à Rome pour absence de Super Green Pass ou de masque FFP2. «Sur 10.000 contrôles environ, 200 personnes ont été refoulées dans les gares lors des contrôles effectués par Trenitalia, soit moins de 1,9% du total» a estimé le ministre des Transports Enrico Giovanini. À Milan, Turin et Naples, quelques dizaines de sanctions tout au plus ont été imposées, en général pour port du « mauvais masque », le chirurgical.
Plus de café en terrasse sans vaccin
Dans les îles, la peur de se retrouver coincé, faute de pouvoir grimper dans un ferry, a poussé les élus à réclamer un assouplissement. Lequel a été accordé pour les plus petites, où la date de présentation du passe a été reportée au 10 février pour les résidents faisant des études ou se déplaçant pour raisons sanitaires. Mais a priori pas pour les touristes. Hier à l’embarcadère de San Francesco à Messine, les files d’attente de ceux qui cherchaient à passer le détroit ont ralenti l’embarcation, poussant le maire à menacer de « bloquer le détroit » si la règle n’était pas changée pour garantir la continuité territoriale avec la Sicile.
Si les transports publics sont difficiles à contrôler, le contrôle des passes vaccinaux risque d’être plus sévère dans les lieux à flux plus modestes comme les remontées mécaniques, parcs d’attractions, piscines, salles de sport, centres de bien-être et stations thermales, salles de jeux et casinos. L’accès a été aussi fortement restreint au restaurant, où il n’est plus possible de consommer, pas même en terrasse ni au comptoir, sans présenter son passe vaccinal. Tous les restaurateurs ont téléchargé l’appli C19 Verificazione qui permet un contrôle rapide du sésame. Mais, entre contagions et quarantaines, le personnel vient à manquer et un peu partout, les files d’attente s’allongent. De même, la vague qui a éclaté parmi les conducteurs de train et les membres d’équipage a contraint Trenitalia à annuler 180 trains.
Néanmoins, l’effet de ces nouvelles restrictions est encore difficile à percevoir, les flux s’étant drastiquement réduits depuis le début de l’année. Il y a comme un air de « confinement masqué » dit La Stampa. Sans que l’on sache si cela tient aux mesures elles-mêmes, au retour de la pandémie ou aux mois d’hiver qui poussent plus de personnes à rester chez elles. Les mois de janvier et février sont un creux bien connu de la saison touristique. Mais au-delà, le travail à distance a repris fortement, vidant les bars et restaurants, mais aussi transports publics et magasins non essentiels. Comme si chacun avait désormais intériorisé la contrainte sanitaire.
Aller en Italie
Certificat de vaccination à partir de 6 ans (valable neuf mois après l’injection de la deuxième dose). Jusqu’au 31 janvier 2022, un test négatif (PCR de 48 heures ou antigénique de 24 heures) est également exigé.

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