Alors que selon certains de ses proches affirment que Joseph Kabila est sorti indemne de la circulation dont il a été victime samedi 18 décembre, beaucoup d’autres donnent des informations fragmentaires, les unes aussi contradictoires que les autres, dit noter Baudouin Amba Wetshi.
Le journaliste fait remarquer que depuis l’annonce de cette information, l’ex-chef de l’Etat congolais n’a pas été revu en public ou dans une vidéo, mais aussi, Barbara Nzimbi, responsable de la cellule de communication, de l’ex-raïs est non seulement aux abonnés absents mais aussi muette. Pas un seul tweet. En guise de sources d’informations, on cite des « proches » ou des « sources sécuritaires » sans d’autres précisions. « Joseph Kabila se porte bien », assurent-elles.
A en croire des sources bien informées, l’homme qui a dirigé le Congo-Kinshasa dix-huit ans (2001-2019) durant, est un ancien « mécanicien Diesel » de formation et de profession. Il n’est pas rare d’apercevoir ce dernier au volant d’une de ses belles voitures dans les grandes artères de la capitale congolaise, écrit Wetshi qui rappelle à ce propos que Kabila avait parcouru kilomètres sur des routes boueuses de la province du Nord-Kivu au volant d’une 4×4 après la débâcle des combattants pro-rxanda M23.
Ce qui s’est passé samedi 18 décembre
A ce sujet, fait observer Baudouin Wetshi, les informations sont parcellaires, les faits étant survenus selon certains, entre 14h00 et 16h00 et à 17 h00 pour d’autres. Cependant, Wetshi affirme, citant l’éditeur du site d’information « halte à la balkanisation, Jean-Pierre Kayembe, proche de Kabila et de son épouse Marie-Olive Lembe, que tout s’est passé dans l’enceinte de la Ferme de Kingakati. Ce dernier a diffusé dimanche 19 décembre, une vidéo à partir de son téléphone assurant que « Joseph Kabila se porte bien » et, avec une mine grave : « il est passé à côté du pire ».
Selon Kayembe, poursuit Wetshi, le crash aurait eu lieu dans le domaine de Kingakati plus précisément dans l’allée qui conduit vers la villa de l’ex-président. Le véhicule transportant ce dernier serait tombé dans une falaise après avoir fait « trois tonneaux ». Le chauffeur aurait perdu le contrôle de l’auto. « Joseph Kabila est sorti indemne », soutient-il. En guise de «preuve», il ajoute que le prédécesseur de Felix Tshisekedi « a fait de la moto ce matin ». L’idéal n’aurait-il pas été d’exhiber une photographie prise dimanche 19 pour faire taire les « sceptiques ? », s’interroge Amba Wetshi qui relève toutefois, citant encore Kayembe qu’un membre du cortège de Kabila serait dans un « état sérieux » et aurait été admis au « Centre Hospitalier Initiative Plus » de l’ex-première dame dans la commune de Nsele.
D’après Jean-Pierre Kayembe, c’est un chauffeur qui était au volant, une thèse qui peine à convaincre, du fait, selon Wtshi, que plus de 24 heures après cet « accident », « Kabila » reste invisible. Pire, responsable de la « cellule de communication » de l’ex-président est non seulement invisible mais aussi aphone. Et pourtant, elle avait là une occasion privilégiée pour exercer ses talents en matière de « communication de crise », note Baudouin Wetshi pour qui, plus de 24 heures après, on cherche désespérément la photo du véhicule accidenté. « La Radiotélévision nationale congolaise (RTNC) est tombée dans le panneau en diffusant la photo d’une « japonaise » accidentée postée sur les réseaux sociaux. Qui a tenté de manipuler qui ? », se demande l’analyste.
« Attentat ou manipulation ? »
Wetshi rapporte que sur son compte Twitter que ce média d’Etat cite un membre non-identifié de la « cellule de communication » de l’ex-raïs qui rassure : « la situation est sous contrôle après l’accident. Aucun membre du cortège n’a connu même une petite blessure y compris le sénateur à vie. Gloire à Dieu ». Vraiment ? s’étonne Wetshi.
En l’absence de la communicante officielle de Barbara Nzimbi, place aux « francs-tireurs », écrit-il. Ne dit-on pas que la nature a en horreur le vide ? Papy Tamba est le premier à «dégainer», poursuit Amaba Wetshi qui ajoute que l’ancien « communicateur » du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), à l’époque du kabilisme triomphant a écrit ces mots sur son compte Twitter @papyTamba: « Attentat contre Joseph Kabila ». « Manipulateur, Tamba demande, pince-sans-rire, une « enquête internationale crédible » et promet de donner des détails ce lundi 20 décembre sur le site « Halte à la Balkanisation », s’indigne Wetshi. « Après Congo Hold-up, c’est un attentat raté contre le fils de l’Homme le # Guide Suprême Joseph Kabila », enchaîne un certain Habacuc Faliala Kiza sur son compte Twitter @Faliala. Comme pour tempérer les « ardeurs », le kabilophile Yvon Ramazani rétorque : « Pas de panique, le raïs Joseph Kabila est bien portant », sans fournir aucun indice.
Plusieurs sources conviennent qu’un membre de l’escorte de « Kabila » serait dans un « état critique ». Sur son compte Twitter, Gramic Legrand @GramicN croit savoir que l’ex-président aurait été « éjecté de sa Jeep ». « (…), après un bilan médical à l’hôpital de son épouse, il va mieux et se repose chez lui à Kingakati », fait-il remarquer.
En résumé pour Wtshi, on peut retenir jusqu’à preuve du contraire que Kabila était bel et bien au volant au moment de l’accident. L’homme est réputé un accro à la vitesse et l’accident se serait produit dans l’enceinte de la ferme de Kingakati. La vitesse excessive serait la cause probable du crash.
Le dernier mot revient à Jean-Pierre Kayembe qui se serait écrié : « je ne sais pas ce qui se serait passé en ce moment si le malheur lui [Kabila] était arrivé… ».
JM





