
En première ligne dans la lutte acharnée pour inscrire la rumba au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco avec son allié indéfectible, Wallonie-Bruxelles, le Pr Yoka Lye Mudaba, de surcroît directeur général de l’Institut national des arts (INA), est encore au comble du bonheur au moment. Après l’annonce de cette nouvelle solennelle, il s’est lâché, tout sourire : « l’inscription de la rumba congolaise sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité a été un combat passionnant de la part des experts des deux Congo ».
Brain Tshibanda, directeur adjoint du Centre Wallonie-Bruxelles et gestionnaire des dossiers culturels quant à lui, n’a pu contenir son émotion avant d’exprimer une nouvelle joie de vivre. « C’est l’aboutissement d’une œuvre qui aura duré huit ans », s’est-il félicité.
En écho, le professeur Yoka rappelle qu’il a « Il a fallu des arguments scientifiques solides et des pièces à conviction fiables pour convaincre l’Unesco à toutes les phases de la validation. C’est donc avec fierté que nous accueillons la bonne nouvelle ». Néanmoins, le scientifique se veut lucide et lance tout de suite : « Et maintenant tout commence ! ». A Brain Tshibanda de renchérir : « C’est une première étape réussie qui doit immédiatement être suivie d’une deuxième phase qui nécessite un suivi permanent. Elle doit déboucher sur des industries culturelles viables en passant par la restructuration du secteur musical, la professionnalisation et la réglementation, etc. Presque une politique culturelle sectorielle avec des passerelles sur d‘autres domaines en lien avec la musique ».
Pour le président de la commission résume et recommande : « Les politiques et les entrepreneurs devraient prendre le relais pour des politiques culturelles plus cohérentes et des stratégies de développement industriel plus efficaces ». « Il est dès lors urgent de voir « comment sauvegarder, pérenniser et promouvoir la rumba », renchérit Brain Tshibanda alors que de son côté, Yoka Lye se réjouit déjà rien qu’à l’idée de cette belle perspective qui devrait y concourir. « Bien entendu, cette inscription va autrement attirer l’attention des entrepreneurs du monde entier afin de nous accompagner dans la professionnalisation des métiers de la musique », a-t-il déclaré.
Décréter une année de la rumba
Le « Prince de la rumba », Le Karmapa, un des artisans actuels de la rumba, acteur de cette scène admirable de la rumba qui a la magie de ponctuer la vie sur les deux rives, s’est dit, lui, transporté par « un sentiment de bonheur et de joie parce que la rumba est un élément de notre culture ». De son point de vue de chanteur et parolier, il estime « que c’est un bonheur pour les deux Congo, que la rumba soit reconnue comme patrimoine immatériel de l’Unesco », jugeant en plus que « les artistes devraient en profiter car cela permet une nouvelle dynamique, c’est une valeur ajoutée pour notre musique ». Et à l’instar des deux prédécesseurs mélomanes, il a renchéri : « Je pense que par-delà les artistes, les politiques doivent également en profiter, mettre leur part pour contribuer encore plus largement à la promotion de la rumba ».
Mais avant tout, réaffirme Le Karmapa, « Les artistes doivent être contents de cette inscription. Moi, de mon côté, je le suis tout particulièrement, désormais partout où j’irai, je le brandirai. Je me présenterai avec fierté comme artiste ou musicien de la rumba parce que ma musique a été reconnue au niveau de l’humanité tout entière ». Et, le chanteur n’en reste pas là, il formule un souhait qu’il appelle de tous ses vœux : « Nous devrions en profiter pleinement en ce moment, réaliser un maximum de choses dans ce cadre. Même que, à mon avis, on devrait décréter une année de la rumba à partir de maintenant ».
Valentin Kabandanyi Kalenga





