
Comme de coutume à la même période de l’année, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, s’est adressé pour la 3e fois depuis son accession à la magistrature suprême, aux Congolais à travers les deux chambres du parlement réunies en congrès.
Des réponses et éclaircissements aux nombreuses préoccupations de la population sur les différentes questions vitales qui touchent à la marche et à la survie de notre nation, le chef de l’Etat est d’abord revenu sur l’insécurité qui sévit à l’Est du pays, pour exprimer sa détermination à y restaurer la paix par tous les moyens en commençant par l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri.
« Depuis l’instauration de l’état de siège, j’ai personnellement veillé à ce que nos vaillantes forces de Défense et de Sécurité disposent de tous les moyens nécessaires pour mener à bien les opérations sur le terrain. Je note avec satisfaction que nos forces armées ont progressivement réussi à faire bouger les lignes et à reprendre plusieurs bastions jadis occupés par l’ennemi », a-t-il lancé avant de fustiger la campagne de dénigrement à ce propos, certains Congolais qui jouent à démobiliser les troupes sur le front en les invitant à rejoindre le camp de la patrie. « Ce n’est que dans la paix et la concorde que nous pourrons vaincre l’ennemi ».
Il s’est par ailleurs félicité de la mise en place du programme de désarmement, démobilisation relèvement communautaire et stabilisation (P/DDRCS) dans le but de rétablir la paix dans les contrées en proie à l’insécurité et d’encourager « les compatriotes qui sont dans les groupes armés à déposer les armes et à réintégrer la vie communautaire, loin du métier des armes », tout en demandant au gouvernement de mettre en œuvre des mécanismes réparateurs, notamment celui de Justice transitionnelle, au bénéfice des victimes. Pour combattre les ADF très actifs à la frontière commune entre l’Ouganda et la RDC, il a confirmé la mutualisation des efforts entre l’Ouganda et la RDC « en vue de mener des opérations conjointes contre cet ennemi commun, notre parlement dûment informé ».
« Je veillerai à limiter au temps strictement nécessaire à ces opérations, la présence de l’armée ougandaise sur notre sol »., a assuré le chef de l’Etat.
Gouvernance politique et lutte contre la corruption
Revenant sur l’état de droit, la justice indépendante, la lutte contre la corruption et l’impunité en vue de la gouvernance politique, Félix Tshisekedi a mis un accent particulier sur l’Inspection générale des Finances (IGF) et l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) qui, selon lui, répondent à cet impératif. « Placée sous mon autorité directe, l’Inspection Générale des Finances contribue efficacement à l’effort d’assainissement des finances publiques et cela, à la grande satisfaction de nos populations. Néanmoins, l’IGF ne peut remplacer l’action du Pouvoir judiciaire ayant seul la mission constitutionnelle de dire le droit », a-t-il relevé en soutenant que l’instauration de l’Etat de droit et de l’autorité de l’Etat impose une justice consciente de son rôle et de son indépendance. « Malheureusement, en dépit de certains progrès que je salue, je ne saurais rester indifférent, en ma qualité de Magistrat suprême, aux cris de détresse et de désolation des congolaises et congolais qui, chaque jour qui passe, réclament plus de garanties d’une bonne et saine administration de la justice », a déploré le président de la République avant de réaffirmer son engagement à poursuivre les réformes courageuses dans le secteur de la justice, y compris celles relatives aux structures et à la qualité de leurs animateurs suivant le principe « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». « J’encourage le Conseil supérieur de la magistrature à faire fonctionner les chambres disciplinaires afin que la sanction soit la seule récompense des mauvais magistrats qui, par leur comportement, ternissent l’image de toute une institution voulue un Corps d’élite », a-t-il exhorté.
Elections et social
S’il a rassuré quant à la tenue dans les délais des élections générales de 2023 en lançant un appel à l’accompagnement de la Commission électorale nationale indépendante et à l’implication de tous les acteurs impliqués dans le processus, le président de la République, très attendu sur le volet social, a instruit le gouvernement d’accélérer la mise en œuvre des projets à impact rapide et visible, tout en fustigeant le manque de coordination et la faiblesse du pilotage qui les gangrènent. « J’en appelle à notre conscience collective, ce qui nous unit, la RDC, est plus important que l’égoïsme de chacun et le dangereux clivage tribaliste qui peuvent nous diviser », a-t-il lâché.
Valentin Kabandanyi Kalenga





