Autorisée dimanche par le président Félix Tshisekedi, l’armée ougandaise a mené mardi 30 novembre, des frappes aériennes et d’artillerie depuis l’Ouganda sur des positions du groupe rebelle des Forces démocratiques alliées (ADF) dans l’Est de la RDC. Information confirmée par le ministre congolais de la Communication et médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaua sur son compte Twitter.
« Ce matin, nous avons lancé des frappes aériennes et d’artillerie conjointes contre des camps ADF avec nos alliés congolais », a indiqué dans un autre tweet quasi simultané le porte-parole de l’armée ougandaise Uganda People’s Defence Force (UPDF).
L’autorisation des troupes ougandaises pour combattre les rebelles des ADF, auteurs de massacres dans l’Est de la RDC et accusés par Kampala d’être les auteurs de récents attentats dans la capitale ougandaise n’est pas du goût de tous les Congolais. Certains parmi eux rappellent le rôle joué par les voisins ougandais et rwandais dans la déstabilisation de l’Est de la RDC depuis près de trente ans.
Lors d’une séance habituelle de l’état de siège instauré depuis début mai au Nord-Kivu et en Ituri, le porte-parole du gouvernement avait assuré lundi qu’il n’y avait « pas de troupes ougandaises » en RDC, mais que des « actions ciblées et concertées » étaient « envisagées avec l’armée ougandaise pour combattre les terroristes de l’ADF, notre ennemi commun ».
On rappelle qu’à l’origine, les ADF étaient une coalition de groupes armés ougandais, dont le plus important était composé de musulmans opposés au régime du président Yoweri Museveni. Ils sont installés depuis 1995 dans l’Est de la RDC où ils se sont enracinés.
Depuis avril 2019, certaines de leurs attaques sont revendiquées par l’organisation État islamique, qui désigne le groupe comme sa province d’Afrique centrale.
En mars dernier, les États-Unis ont placé les ADF parmi les « groupes terroristes » affiliés aux djihadistes de l’État islamique (EI).
Valentin Kabandanyi Kalenga





